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2010/12/14 Article DNA : Waldighoffen Victor Springinsfeld, 90 ans

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Article paru le 14 décembre 2010 dans les DNA sur les 90 ans de Victor Springinsfeld de Waldighoffen.

Waldighoffen : Victor Springinsfeld, 90 ans

Victor Springginsfeld

Victor et son épouse (Photo DNA)

C'est un dynamique " jeune homme " qui a ouvert sa porte au maire Henri Hoff et son adjoint Guy Eggenspieler qui venaient lui offrir le cadeau traditionnel de la commune de Waldighoffen pour ses 90 printemps. En effet, Victor Springinsfeld se porte comme un charme et compte encore passer de nombreuses années avec son épouse Georgette, 85 printemps.

Victor a vu le jour le 7 novembre 1920 à Durmenach au foyer de Jean et Catherine Springinsfeld. Ils étaient cinq enfants dont seuls lui et sa soeur Marthe de 85 ans vivent encore. Tout jeune, il dut consacrer son temps au labeur de la ferme familiale. Survint la guerre et c'est en 1942 que les autorités nazies le déclarèrent « kriegsverwandugfähig », apte au service de guerre ; en septembre de la même année, il est incorporé dans le service du travail obligatoire (Arbeitsdienst) qui le conduira jusqu'à la frontière hollandaise.

Après une courte permission il fut emmené avec ses camarades dans la forteresse de Berlin-Spandau où ils furent formés au maniement des armes et peu de temps après emmenés en wagons à bestiaux sur le front russe du côté de la frontière russo-ukrainienne en tant que « Partizane Einsatz » traquant les maquisards russes, surveillant les ponts et points stratégiques, faisant des prisonniers. Ce fut une période où à chaque instant, ils pouvaient être victimes de sabotages, d'embuscades. Un enfer accentué par la perte de Stalingrad et la retraite vers la Pologne où les restes des régiments furent rassemblés en une unité qui avait pris ses quartiers vers Francfort.

Fuite vers la Suisse

Victor bénéficie d'une permission de trois semaines puis aurait dû repartir vers le front russe en pleine débandade. Mais il a choisi avec son ami Bernard Bauer de Durmenach de se rendre en Suisse et de s'y faire admettre comme réfugié. Après vérifications, il fut emmené à Prêle dans un camp de réfugiés où il fit la connaissance de nombreuses personnes dans son cas comme René Grienenberger, seul survivant de la tragédie de Ballersdorf.

Bien vite, il trouva du travail dans une ferme à Porrrentruy où il resta jusqu'en octobre 1944 quand il se porta volontaire auprès du Groupe Mobile d'Alsace (GMA). Il rejoignit alors Ornans où il reçut un pseudonyme et entama la difficile libération de l'Alsace avec la première armée. Mais vu l'équipement rudimentaire dont il avait été équipé, son groupe est toujours resté en deuxième ligne. Le chemin fut long et périlleux néanmoins jusqu'à la caserne Lefebvre de Mulhouse où le groupe prit ses quartiers.

Changement d'uniforme

Le récit de Victor Springinsfeld est truffé d'anecdotes souvent émouvantes, comme lorsque basé à Bisel avec le GMA il demanda l'autorisation de faire une visite à Durmenach. Tout le monde l'avait vu avec un uniforme allemand avant sa fuite vers la Suisse et là il revenait avec l'uniforme français ! C'est à la fin de l'année 1944 qu'il put revenir définitivement dans son village, ses parents déportés à Schirmeck ne vinrent qu'en mai 1945, toute la famille était encore en vie, ce fut un soulagement et une immense fête mais il dit ne pas avoir oublié ceux qui ont eu moins de chance.

L'ancien soldat a repris le travail de la ferme et le bûcheronnage après la guerre. Il s'est marié avec Georgette Munch de Waldighoffen en 1951, a eu un garçon, Francis qui vit à Montpellier, il a lui-même un fils. En 1954 il a abandonné les contraintes de la vie paysanne pour être embauché à Sochaux aux usines Peugeot qu'il quitta en 1980. Depuis avec son épouse il mène une vie tranquille, cultive un petit potager et roule en voiture, ce qu'il a toujours aimé faire. Sa santé est excellente et il compte bien faire une grande fête pour les soixante années de mariage l'année prochaine !

Nos félicitations vont à ce sympathique Sundgauvien qui a choisi de ne jamais se soumettre, nous lui souhaitons tout simplement de rester philosophe et de garder son humour encore bien longtemps.

E. C.

DNA le 14 décembre 2010.