Personal tools
S'inscrire

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Navigation
Accueil Mairie

Mairie - 4 place Jeanne d'Arc

68640 WALDIGHOFFEN

Tel : 03 89 25 80 26 - Fax : 03 89 07 71 26

Horaires d'ouverture de l'accueil

Lundi - Mardi - Jeudi - Vendredi

de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00

Mercredi

de 10h00 à 12h00

Contacter la Mairie par courriel

Adresses et téléphones indispensables

Votre météo



 

Actions sur le document

L'usine Lang de Waldighoffen

120 ans et toujours debout ... la cheminée de l'usine Lang de Waldighoffen a fonctionné pendant un siècle

Cette respectueuse dame, il s’agit de la cheminée des établissements Emmanuel LANG, a vu le jour début juin 1887 et fête prochainement son 120ème anniversaire.

Croquis-usine d’après photo

La création de l'usine Lang

Revenons à la création de cet établissement, qui se situe pour certains historiens en 1846 ou en 1856.

Emmanuel LANG, son oncle Jacques, son frère Gabriel et David BLOCH, tous les quatre citoyens de DURMENACH, installèrent un tissage dans l’ancien moulin à eau de WALDIGHOFFEN. Ce moulin, édifié par les nobles d’EPTINGEN à proximité de leur château, avait été donné en bail à différents meuniers sous l’Ancien Régime.

Le dernier meunier en exercice, Antoine SCHULL, né en 1779 à OLTINGUE, fils de François Georges SCHULL et Anne Marie HERTZOG, meuniers à OLTINGUE, fut également maire de WALDIGHOFFEN de 1815 à 1818. Il a acquis la maison la plus ancienne du lieu, construite par un nommé BRUN vers la fin du 16ème siècle. Antoine SCHILL, qui a perdu son épouse Anne Marie HABERKORN en 1823, a continué avec ses 5 enfants à exploiter le moulin et un petit train de culture. Il est décédé en 1832 à l’âge de 53 ans. On ne sait pas en quelle année son fils, François Antoine, a cessé son métier.

Plan de Waldighoffen-1931

Detail-plan-moulin

Zoom sur l'emplacement
du moulin

Extrait d’une carte de WALDIGHOFFEN, reconstituée par René MINERY
d’après le plan cadastral de 1831

La création des Ets Lang, initialement modeste, (ils ont débuté avec quatre métiers, certainement fabriqués par l’établissement Xavier JOURDAIN d’ALTKIRCH), constitue l’un des jalons principaux de l’industrialisation de la Haute Vallée de l’Ill.

La société "les fils d'Emmanuel Lang"

Emmanuel racheta en 1859 la part de ses associés. Ses fils, Raphaël, Salomon, Benoît et Charles, furent appelés successivement à le seconder et, en 1865, la société « Les Fils d’Emmanuel Lang » fut créée. Ce rapide développement a permis à la commune de WALDIGHOFFEN une réelle prospérité. Jusque là, c’était une localité assez insignifiante, noyée dans la masse des petits villages sundgauviens.

En 1870, l’usine compta 550 métiers et occupait 300 personnes venant d’une dizaine de communes avoisinantes. Elle recrutait aussi des spécialistes du textile de la région mulhousienne et des vallées vosgiennes.

Après l’annexion de l’Alsace à l‘Allemagne en 1871, l’usine fut fermée et les LANG quittèrent le Sundgau pour s’établir au-delà des Vosges. Une partie du personnel fut embauchée au tissage SCHLUMBERGER à ROPPENTZWILLER.

Ce n’est qu’en 1887 que Raphaël, fils d’Emmanuel revint pour remettre l’usine en état. Il fit démolir la baraque du manège et fit construire un nouveau hall pour une machine à vapeur.

Les cheminées

La première cheminée, haute d’environ 30 mètres, n’étant plus adaptée, il a fallu en construire une nouvelle plus élevée, afin d’atteindre des courants atmosphériques favorables pour assurer un tirage intensif.

Début juin 1887, la construction fut démarrée sur une solide fondation. Avec 13 mètres de circonférence à la base et ses 42 mètres de haut, 85.000 briques furent nécessaires. La construction a duré tout l’été et la population en suivait la progression. L’épaisseur de la paroi a 65 centimètres à la base.

Le curé Grégoire DITNER qu’on appelait « le bâtisseur », car il avait participé personnellement à la construction du presbytère en 1871-72, visitait jour après jour le chantier et notait l’évolution dans son journal. Il admirait spécialement la bouche de la cheminée, la couronne, une vraie œuvre architecturale. Début octobre, la chaudière fut mise en place et un mois plus tard toute l’installation fut essayée. Après 1892, l’ancienne cheminée fut démontée.

Base-cheminee    Haut-cheminée    Epaisseur-paroi-cheminée

La nouvelle cheminée a contribué à atteindre en 1893 le potentiel d’avant 1870 et a vu naître successivement des salles de tissage et la Cité Lang. En 1906, elle avait des doutes de perdre sa dominance lorsqu’elle a vu grandir le clocher de la nouvelle église. Son paratonnerre a encaissé maints coups de foudre et elle a eu de la chance d’échapper aux obus durant la première guerre mondiale.

Si elle pouvait raconter tous les événements qui se sont passés depuis….

En 1990, elle a dû arrêter de fumer, une terrible maladie économique l’ayant rongée, celle qui a eu raison d’autres grandes entreprises textiles du département.

Elle avait pourtant résisté à deux grandes crises du textile, en s’adaptant toujours aux exigences du marché.

Elle restera pour WALDIGHOFFEN et son environnement le symbole de l’industrialisation du Haut-Sundgau. Pour des familles entières et durant quatre à cinq générations, le textile était le gagne-pain.

Avant, 80 % de la population vivait de l’agriculture, une agriculture de subsistance. Puis vint le temps des « ouvriers paysans ». Même en 1929, il existait encore 101 exploitations, dont 82 possédaient de -1 ha à 5 ha. Si le chef de famille ne travaillait pas lui-même à la fabrique, c’étaient ses enfants.

En décembre 2006, l’entreprise SEMPIANA, de Rambervilliers (88), pansait ses quelques rides, qu’on pouvait observer depuis trois décennies avec des jumelles et lui posait quelques cerclages.

Très fière de sa consolidation, elle se dresse vers le ciel comme un monument, le monument des anciens salariés qui ont connu à ses pieds le labeur et la satisfaction.

René MINERY

L’ensemble de l’usine Lang avant la démolition en 1892 de l’ancienne cheminée
(Collection photos René MINERY)

Vue-cheminee-loin

Retourner en haut de page ↑

Retourner à "Articles de René MINERY"